JULIE ET ERASTE s’aiment - mais (bien sûr !)
Oronte a décidé que sa fille épouserait Monsieur de Pourceaugnac, gentilhomme limousin. Avec l’aide de Nérine et de Sbrigani, « fourbes » de haute volée, et de toute une bande de joyeux lurons, Eraste a donc « dressé toute une série de machines » propres à dégoûter de ce mariage aussi bienle futur beau-père que le futur gendre.
La production proposée par Les Malins Plaisirs constitue un nouveau jalon dans la série des comédies-ballets montées par Vincent Tavernier, en collaboration avec Marie-Geneviève Massé comme l’Amour Médecin accueilli au théâtre Alphonse Daudet en 2005.
François Lazarévitch, avec les musiciens de Saint-Julien, vient cette fois compléter l’équipe artistique, apportant en particulier sa science de la musique de danse.
Pour Molière, la musique, le chant, la danse ne sont pas des « ornements » destinés à enluminer sa prose, et qui pourraient être supprimés le cas échéant : ils sont constitutifs de l’oeuvre, et c’est de leur « tressage » qu’émane l’enchantement du spectacle.
Restituer la comédie-ballet aujourd’hui, c’est donc chercher à en comprendre en profondeur l’esthétique et la poésie, tout en trouvant le langage formel susceptible de respecter l’esprit de 1670, et de toucher instantanément le spectateur contemporain, quel qu’en soient l’âge et la culture.